Noël arrive, et avec lui les traditionnels grands films de fin d'année. Si tout le monde attend Star Wars avec impatience, moi ça n'a jamais été mon truc. J'irai par curiosité, mais il y a d'autres films qui m'intéressaient davantage, et ceux-là sont déjà sortis !

Hunger Games La Révolte - Partie 2

Faire deux films à partir du troisième tome de Hunger Games, j'ai d'abord trouvé l'idée étrange, sans doute motivée par des raisons plus financières qu'artistiques. Finalement la première partie avait été un gros coup de coeur : sans se hisser au niveau de L'Embrasement (qui reste mon préféré, tant en livre qu'en film), il était néanmoins plus profond que ce dernier, plus dynamique que le roman, et très fluide. En revanche la deuxième partie m'a moins convaincu.

J'aborde toutefois Hunger Games : La Révolte - Partie 2 dans un article regroupants des "incontournables" donc ne vous méprenez pas : le film est à la hauteur de la saga et lui apporte une excellente conclusion. D'abord, l'intrigue permet un film bien plus dynamique à travers les rues, bâtiments, sous-sols et pièges du Capitol. Par conséquent il est nettement plus intéressant visuellement que le précédent, puisque les personnages ne sont plus cantonnés dans le District 13. Certaines scènes sont spectaculaires, comme lorsque Katniss et son "squad" se retrouvent piégés par une immense vague de pétrole dans un square, ou lorsqu'ils se lancent dans une course-poursuite effrénée dans les sous-sols de la ville. Le tout est extrêmement fidèle aux événements dépeints dans le livre, certains dialogues sont même identiques, et aucun raccourci n'a été pris, ce qui est toujours très appréciable lorsque l'on découvre le film après avoir lu, relu et aimé le livre.

En revanche le tout semble un peu décousu et on a parfois l'impression de regarder un best-of des scènes du livre, qui manque d'intensité alors que les enjeux sont capitaux. Le casting m'a un peu déçu aussi : les nouveaux personnages n'en imposent pas : Mahershala Ali, Patina Miller, Natalie Dormer et Michelle Forbes manquent de charisme et s'effacent derrière les rôles principaux. Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Willow Shields, Stanley Tucci et Sam Claflin sont toujours aussi bons, mais moins présents. Restent Jennifer Lawrence, et surtout Donald Sutherland et Philip Seymour Hoffman, grandioses. Le face-à-face Lawrence-Sutherland à la fin du film est particulièrement savoureux. Enfin notez que la 3D -probablement issue d'une conversion post-production- est malheureusement très médiocre et peu intéressante.

Bref, même si ce n'est pas le feu d'artifice que l'on espérait, Hunger Games : La Révolte - Partie 2 clôt honorablement cette belle et grande saga et n'est pas à manquer ! Hâte, maintenant, de voir ce que Lionsgate nous réserve pour la sortie de l'intégral en Blu-ray !

Le Voyage d'Arlo

Tradition respectée pour Disney France, même si c'est un Pixar qui fait office de "Disney de Noël" en 2015. Un Pixar dont le scénario m'enthousiasmait depuis plusieurs années : et si les dinosaures n'avaient pas disparu il y a 65 millions d'années, et avaient cohabité avec l'être humain ? Mais aussi un Pixar qui me laissait dubitatif suite à sa production chaotique (changement de réalisateur, réécriture, retard cumulé de 2 ans), ses premiers retours mitigés, et bande annonce un peu trop enfantine... J'étais néanmoins curieux de voir le résultat, après tout ce Voyage d'Arlo reste une création inédite d'un studio qui surfe un peu trop sur les suites.

J'ai d'abord découvert (en 2D malheureusement, mais au moins en VO) des paysages à couper le souffle et une animation irréprochable, qu'il s'agisse des personnages ou des effets visuels, aucun doute : Pixar reste le maître incontestable de l'animation digitale. L'environnement est superbe, les couleurs et textures nombreuses, les mouvements de caméra spectaculaires. Ainsi l'immersion dans l'univers sauvage et naturel d'Arlo est fantastique ! Un sacré tour de force (déjà réalisé sur Rebelle) car des décors organiques convaincants sont toujours très complexes à créer en animation digitale. L'histoire est simple, enfantine même, mais elle reste belle et je pense que les plus jeunes s'y retrouveront. Elle n'est pas sans rappeler Le Roi Lion, certaines scènes et certains personnages semblent directement y faire référence. Ce que j'ai beaucoup aimé, en revanche, c'est l'idée originale d'inverser les rôles" : les dinosaures sont civilisés et parlent, alors que les hommes sont encore "sauvages", mais les deux parviennent à se comprendre et à se lier d'amitié. Je reste un peu déçu d'une fin qui rappelle un peu Le Livre de la Jungle, alors que notre époque pourrait avoir besoin d'un autre message.

J'ai finalement bien aimé Le Voyage d'Arlo. Le film souffre de quelques longueurs, et surtout d'un ton trop enfantin, sans le double niveau de lecture qui fait la richesse des productions Disney et/ou Pixar, et ne reflète pas tant la créativité et le talent de Pixar que Vice-Versa, mais reste très beau, tant sur le fond que la forme.

Le Pont des Espions

Steven Spielberg et Tom Hanks : ces deux noms ont suffit à me rendre très impatient, car j'aime beaucoup les films de l'un et de l'autre, et particulièrement leurs précédentes collaborations, Arrête Moi Si Tu Peux et Le Terminal.

Le Pont Des Espions est à la hauteur des deux hommes. D'abord parce que la mise en scène et la narration sont impeccables. 2h10 pour un film autour de la diplomatie, de l'espionnage et du droit, basé sur des faits réels, ça peut sembler long, mais Spielberg introduit calmement ses personnages et les deux intrigues en parallèle dans le contexte particulier et célèbre de la guerre froide, pour que l'on se laisse entraîner dans cette histoire passionnante. Puis, la mise en scène brillante fait progressivement monter la tension au rythme des événements historiques, des nombreux rebondissements et des face-à-face tendus. Les dialogues éloquents, cyniques et passionnés ajoutent une certaine saveur aux nombreux échanges, négociations et plaidoiries qui rythment le film. Enfin tout cela ne fonctionnerait pas sans une interprétation grave, passionnée, mais aussi mesurée et humble, qui reflète tout le talent de Tom Hanks, tandis que Mark Rylance parvient à insuffler une personnalité sympathique, humaine et attachante à son personnage d'ennemi n°1.

Le tout se révèle fascinant entre grand film historique et thriller tendu, toujours centré sur les personnages et sur fond de guerre froide.

007 Spectre

J'avais dit trois incontournables, pas quatre, mais à l'heure où je me relis je viens (enfin) de voir 007 Spectre, qui est vraiment celui qui m'a le plus plu. Je ne suis pas un grand fan des James Bond, j'en ai vu quelques uns avec Pierce Brosnan, et tous ceux avec Daniel Craig, et je leur trouve toujours quelques longueurs, j'ai aussi du mal à suivre une saga qui s'étend de plus en plus. Mais Spectre est captivant, de sa spectaculaire scène d'ouverture jusqu'au dénouement inattendu, et pendant plus de deux heures d'aventures sur fond de complot terroriste. Le tout doté de l'élégance Britannique propre à la saga et quelques notes d'humour bienvenues, à ne pas manquer !