Follow Mik

13 mai 2012

J'ai été à Hogwarts ! (2)

Suivez moi en direct sur Twitter !
header_twitter_copie

C'était le 7 octobre 2011, après plusieurs années de Pottermania, 7 livres lus, 8 films vus, des cosplays, des DVDs et même une exposition, j'avais vécu l'expérience ultime en visitant Wizarding World of Harry Potter. Je suis retourné à Hogwarts la 29 avril dernier, d'une autre façon et à un autre endroit : Warner Bros. Studio Tour London : The Making Of Harry Potter. Basé à Leavesden, dans l'enceinte même du mythique studio où les 8 films Harry Potter ont été tournés (mais aussi certains Star Wars & James Bond, Sleepy Hollow, Sherlock Holmes...) il est constitué de deux immenses Soundstages et un Backlot construits sur le site pour l'occasion. L'ensemble des sets, props et costumes rassemblés dans cette immense exposition sont bien d'origine et les vrais Studios continuent d'accueillir de grands tournages, qui contribueront dans le futur à une extension du Studio Tour.

Première étape : le train (sorte de RER) de Londres à Watford Junction, une gare déserte où seul un petit groupe de touristes attend à l'arrêt de bus N°1. C'est là que s'arrête le bus qui fait la navette vers les Studios, et il est immanquable. L'entrée de Warner Bros. Leavesden Studios est simple mais en impose, on se sentirait presque à Hollywood. L'endroit est bien paumé dans la campagne Britannique, mais c'est immense, on distingue des bureaux, des sets, des soundstages, et juste au bord, près de l'entrée, les imposants soundstages du Studio Tour : Stage J & Stage K.

London2012_222 London2012_225

Nous récupérons nos billets réservés en octobre dernier sur les bornes à l'extérieur (il est  impossible d'acheter des billets sur place.) Puis nous entrons dans un imposant lobby. On y trouve le Studio Café, un Starbucks Coffee, un Studio Store, et la consigne entièrement gratuite, ce qui est vraiment très appréciable ! Prenez garde à garder vos appareils photos et porte-feuilles, car quelques livres sterling seront utiles à mi-parcours.

Pour l'heure nous entrons dans la file d'attente, trépignant d'impatience ! On y découvre un premier set : le fameux placard sous l'escalier qui sert de chambre à Harry dans Philosopher's Stone. Parmis les nombreux détails on remarquera la paire de lunettes portée par Dan Radcliffe. Nous entrons dans le "pré-pré-show" : une salle avec 8 écrans qui display des affiches des 8 films, puis un court film où David Heyman raconte pourquoi il a décidé, en tant que producteur, de faire de ces livres la plus grande saga cinématographique de tous les temps.

London2012_235 London2012_239

Nous continuons vers le pré-show : une salle de cinéma où Dan Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint nous accueillent à Warner Bros. Leavesden Studios. Pendant une dizaine de minutes ils parcourent les sets que nous allons découvrir, nous expliquent quelques secrets de tournage et reviennent sur leur expérience. A la fin de la vidéo et un dans un "WOW!" général, nous sommes invités à traverser l'écran pour rejoindre la porte du Great Hall. Lorsqu'elle s'ouvre la vue est incroyable : nous entrons littéralement dans le film. Je ressens la même chose que lorsque je suis rentré dans Hogsmeade à Wizarding World en Floride.

London2012_249 London2012_254

Le Great Hall est l'un des deux clous du spectacle, un endroit mythique de la saga où tant de choses se passent. Marcher sur le set original où toutes ces scènes ont été tournées est vraiment incroyable, presque émouvant ! Le set est superbe, regorge de détails : sculptures, portes, tables... On y retrouve les uniformes des 4 maisons de Hogwarts ainsi que les costumes des professeurs et quelques props comme les compteurs de points.

La suite de la visite nous emmène dans un premier temps derrière les murs du Great Hall où nous découvrons l'envers du décor. Sont également exposés tables et costumes du Yule Ball, le grand bal du Triwizard Tournament de Goblet of Fire. De l'autre côté on découvre les perruques des personnages principaux et certains costumes.

London2012_281 London2012_287

S'en suivent deux sets mémorables : le Gryffindor Boys Dormitory, le dortoir d'Harry, Ron, Neville et les autres, la Gryffindor Common Room qui rappelle les fêtes comme la victoire d'Harry à la première épreuve du Triwizard Tournament dans Goblet of Fire. On y retrouve aussi divers costumes mémorables du trio Harry, Ron et Hermione, notamment la fameuse cape d'invisibilité où un petit secret de tournage est révélé !

London2012_301 London2012_312

Nous arrivons devant un décor simple et plutôt discret par rapports aux grands sets, mais tout aussi mythique à mon sens : l'entrée vers le bureau de Dumbledore, avant de pénétrer dans le dit bureau ! Le set est superbe et regorge de détail, il me rappelle bien sûr fortement sa reproduction à Wizarding World, mais ici c'est le vrai ! On y trouve notamment les costumes de Michael Gambon et Richard Harris, ainsi que la Pensive.

London2012_329 London2012_340

Juste en face notre visite continue avec la salle de Potions, un set est incroyable doté d'un niveau de détail absolument hallucinant, notamment les centaines de fioles, étiquetées et remplies. Sont également exposés les superbes costumes des professeurs Slughorn et Snape. On passe ensuite à des sets moins ambitieux mais tout aussi fascinants : la Hagrid's Hut et la Weasleys' Dining Room.

London2012_354 London2012_355

Au centre de cette zone on trouve des props divers : les piles de livres de la Room of Requirement, le sequelette de dragon de la salle de Defence against the Dark Arts, la porte de la Chamber of Secrets, ainsi que des accessoires en vitrine : la Triwizard Cup, le Time Turner, le Golden Snitch ou encore le Hourglass du professeur Slughorn. Il y a aussi des "maquettes" géantes : la porte d'Hogwarts (pour la séquence de fermeture dans Prisonner of Azkaban) ou les escaliers d'Hogwarts (ceux qui aiment bouger dans Philosopher's Stone).

On découvre ensuite un immense fond vert devant lequel des balais sont juchés à l'extrémité de grues vertes, ainsi que la Flying Motorbike d'Hagrid et la Flying Ford Anglia d'Arthur Weasley. Puis c'est notre tour de jouer : un atelier écran vert permet aux visiteurs de prendre place sur un balai devant un fond vert pour être incrusté dans des scènes mythiques du film (la photo souvenir est aussi disponible pour 12£), l'expérience vaut le coup pour se voir incruster en live !

London2012_371

Une ultime étape nous attend dans le Soundstage J : Le Ministry of Magic. Il ne s'agit pas d'un plateau entier comme le Great Hall, mais d'un rassemblement d'éléments de sets : les cheminées d'accès, les façades, la majestueuse sculpture Magic is Might ainsi que le bureau de Dolores Umbridge. De nombreux costumes sont également en display : toute la panoplie de Dolores Umbridge dans Order of the Phoenix et Deathly Hallows - Part 1, les costumes des ministres Cornelius Fudge, Rufus Scrimgeour et Pius Thicknesse, les costumes de Harry, Ron et Hermione lors de leur infiltration dans Deathly Hallows - Part 1 et les costumes des deatheaters : Narcissa, Lucius et Draco Malfoy, Bellatrix Lestrange et bien sûr celui de Lord Voldemort.

London2012_392 London2012_398

Et nous accédons au Backlot, la cour arrière des studios, où l'on trouve une aire de restauration avec  notamment un stand de vente de Butterbeer, la fameuse boisson souvent évoquée dans les livres et films. J'avais déjà adoré cette boisson crémeuse au goût caramel/soda/vanille (plus ou moins) sous le soleil de Floride, et c'est un vrai plaisir de la retrouver ici, sous un rayon de soleil également ! En sirotant cette Butterbeer on peut admirer toute une collection de décors massifs : le N°4 Privet Drive, le Potters' Cottage à Goddric's Hollow, la pière tombale de Tom Riddle, le pont en bois de Hogwarts, le Knight Bus et les pièces du Wizards Chess de Philospher's Stone.

London2012_421 London2012_440

Nous entrons dans le Soundstage K, accueillis par des inferis en résine : nous sommes au Creature Shop. Il y a une large sélection de props étonnants : des masques en latex, des statues des personnages morts ou pétrifiés, des créatures à l'échelle ou en miniature, des animatroniques en état de marche : Hedwig, Buckbeak ou encore - plus surprenant - une tête d'Hagrid... Trois salles à explorer lentement qui révèlent nombre de secrets de tournages insoupçonnés, le tout accompagné de vidéos explicatives fascinantes.

London2012_476 London2012_482

Nous changeons de salle et d'univers : devant nous s'étend Diagon Alley. Gringotts, Ollivanders, Flourish & Blotts, ou encore le spectaculaire Weasleys' Wizard Wheezes, tout y est, le plateau est entièrement installé et le visiteur peut le traverser, fouler les mêmes pavés qu'Harry et Hagrid dans Philosopher's Stone, s'attarder devant les vitrines, observer les détails, la qualité du décor... Cet immense set bénéficie d'une boucle musicale reprenant les thèmes les plus fantaisistes de la saga, et d'un light show qui lui donne vie, passant de bleu à orange, de mystérieux à dynamique. Comme à Wizarding World, et même si nous sommes en fait dans un soundstage, l'immersion est incroyable : on est vraiment dans les films !

London2012_518

Nous arrivons maintenant dans un atelier de maquettiste rempli de croquis, concept arts et plans. Le travail semble titanesque : dans les films tout semble tellement fantaisiste, extravagant et aléatoire, on ne soupçonnerait jamais une telle précision. Le couloir qui suit et rempli de white models, c'est à dire des maquettes de maquettes, blanches, à échelle très réduite, afin de préparer la construction des maquettes qui vont être filmées. Ainsi The Burrow, The Three Broomsticks, le Quidditch Pitch, et bien sûr Hogwarts ne sont que des modèles réduits.

Puis l'on arrive dans une ultime salle où la mise en scène fait son effet : nous sommes sur une sorte de plate-forme située à mi-hauteur, offrant une vue absolument époustouflante sur Hogwarts. La maquette entière du château abritant la célèbre école de sorcellerie, vue dans tous les films, trône au centre de la salle. Construit à l'échelle 1/24e le château est immense, à vue d'oeil il occupe un bon 250 m² et culmine à 5 ou 6 mètres de haut. Encore une fois la salle dispose d'un light show et d'une boucle musicale reprenant les différentes orchestrations du thème principal. On peut observer le château dans ses moindres détails  et sous tous les angles depuis le chemin qui fait le tour de la salle en descendant, pour s'achever sur cette vue imprenable.

London2012_552

La mise en scène est une vraie réussite, en plus du light show et de la boucle musicale, des écrans tactiles révèlent de nombreux secrets et permettent de zoomer sur les détails aussi nombreux que soignés du château. Des images inédites de making-of révèlent notamment comment les acteurs et sets à échelle 1/1 ont été incrustés dans la maquette et comment la maquette a été incrustée dans son environnement, sur la colline au bord du lac. Cette dernière salle, le clou du spectacle vraiment, est aussi fascinante qu'époustouflante !

Une dernière surprise nous attend : une salle bien plus modeste, plus confinée où ont été rassemblées les milliers de boites de baguettes magiques créées et anotées à la main une à une pour remplir la boutique Ollivander's sur Diagon Alley dans Philosopher's Stone. Une salle moins spectaculaire mais agréable, et qui nous laisse un sentiment mélancolique avec cette citation de JK Rowling qui trône au milieu de la pièce :

London2012_557

L'expérience se termine par l'inévitable boutique et mieux vaut prévoir un budget car la sélection de merchandising est... une véritable tuerie. Jouets, costumes, collectibles, souvenirs des films et du studio tour, textile librement inspiré des livres/films, souvenirs pour touristes... Basiquement tout ce qui est imaginable est disponible ici. En fait on y retrouve l'intégralité du merchandising de Wizarding World et quelques exclus. Ayant déjà dépensé une somme d'argent indécente à Wizarding World, je me suis raisonnablement limité au guide officiel, véritable petite bible du Studio Tour, et souvenir idéal de la visite.

Vous l'aurez compris, j'ai été conquis par Warner Bros. Studio Tour London - The Making Of Harry Potter. Cette visite est l'occasion de se plonger dans le Monde d'Harry Potter, de rentrer dans ces 8 films cultes, de vivre ces histoires en live et de se prendre pour des héros des films. La visite m'a beaucoup rappelé Harry Potter, The Exhibition qui est en tournée mondiale et que j'avais eu la chance de voir à Chicago il y a 3 ans, mais ici tout prend une autre dimension, car les props et costumes sont présentés dans leurs décors originaux et dans une quantité phénoménale. Le Backlot, le Great Hall, Diagon Alley et Hogwarts sont les clous du spectacle, même si la force de ce Studio Tour, c'est son nombre incroyable d'items en display. La mise en scène à l'Américaine donne au tout une dimension grandiose et le sentiment de vivre une véritable expérience plus qu'une simple visite. Une expérience qui ravira les fans d'Harry Potter, et plus généralement les fans de cinéma. Jamais je n'avais vécu quelque chose comme ça : ce sentiment de rentrer dans un film, mais aussi de violer le secret, de découvrir l'envers du décor, d'être un peu voyeuriste, et de marcher sur les traces des acteurs et techniciens qui ont donné vie pendant 10 ans à ces 8 films que j'ai tellement vus et revus... 3 ans plus tard je me dis que si l'exposition, déjà géniale, n'a pas commencé en Europe, c'est parce que nous avons finalement mieux, beaucoup mieux, avec ce Studio Tour permanent.

Posté par FantasMik à 07:31 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


10 mai 2012

Au lendemain d'une défaite annoncée

Durant cette élection présidentielle Nicolas Sarkozy était le candidat qui représentait le mieux mes convictions personnelles. Je n’ai pas souhaité m’impliquer pour autant dans la campagne, estimant que je n’avais pas un recul suffisant. Cependant j’ai tenté de convaincre à ma façon, en diffusant les messages de Nicolas Sarkozy qui me semblaient particulièrement pertinents. J’ai aussi eu l’occasion de participer à deux meetings du candidat UMP en bonne compagnie, l’occasion de porter nos valeurs et nos convictions ensemble.

Au lendemain de la victoire de François Hollande je suis triste de voir que ce programme auquel je croyais ne sera pas appliqué, alors que des mesures qui m’insupportent vont être mises en place. Je suis triste aussi de voir que le style novateur et combatif de Nicolas Sarkozy a causé autant d’hostilité, au point de faire un bond en arrière, vers une présidence dite normale, sobre, complexée, là où les cinq ans qui s’achèvent garderont l’image d’une présidence dynamique, fière et assumée. Durant ces dix semaines et comme en 2007, j’ai découvert la vraie personnalité de certains de mes amis et connaissances, qui se sont agacé voire outrés de mes convictions politique, allant jusqu’à s’en dire « choqués ». Je ne compte plus les sarcasmes et ironie sur la défaite planifiée de Nicolas Sarkozy et je sais que je les subirai quelques semaines encore.

Mais je veux leur dire ceci : je ne suis pas déçu du résultat des élections présidentielles. Soyons dignes a dit Nicolas Sarkozy et je le serai : l’alternance est une opportunité. Pour notre pays, c’est l’occasion de faire un grand « reset », de changer d’idéologie, de philosophie et de tester des mesures nouvelles. Un gouvernement de gauche travaillera avec les partenaires sociaux et ne donnera par conséquent pas de prétextes aux syndicalistes pour défiler, bloquer ou contester. Si François Hollande et son équipe font un travail ne serait-ce que médiocre, le climat dans le pays devrait être plus détendu pendant ces 5 ans. Un gouvernement de gauche donne également l’opportunité aux journaux droitistes de passer dans l’opposition, or les messages contestataires s’entendent toujours mieux, ce qui devrait contribuer à diffuser les idées et positions de l’UMP. Je n’ai jamais réellement vécu sous un gouvernement socialiste et je suis curieux d’en voir les « changements ».

Ensuite c’est une opportunité pour la droite. Privée de majorité présidentielle et (probablement) parlementaire, l’UMP ne pourra pas s’offrir le luxe de négliger les élections locales. François Hollande et le PS l’ont compris : sans pouvoir exécutif et législatif, ce sont les villes, les départements et les régions qui ont été le support d’une campagne présidentielle réussie. Il est temps que l’UMP se réorganise, se fixe des objectifs et mette en place une vraie stratégie, moins ambitieuse mais plus efficace, plus proche du peuple, pour récupérer les pouvoirs en 2017. Cette victoire de François Hollande est une opportunité pour la jeunesse de droite.

C’est donc le moment idéal pour rejoindre l’UMP.

Posté par FantasMik à 16:25 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
08 mai 2012

The Phantom of the Opera is there.

Comme je l'écrivais précédemment, pendant un récent long weekend à Londres, la tentation des théâtres était forte. J'avais choisi dans un premier temps de voir All New People, car son auteur Zach Braff la jouait à Londres jusqu'à cet ultime weekend, immanquable. Et en sortant de All New People, le sourire au lèvres, je n'avais qu'une seule envie : retourner au théâtre, mais cette fois, il fallait que ça chante : pas de weekend à Londres sans musicale ! Le choix n'est jamais facile, entre ce que j'aimerais voir (We will rock you, Rock of ages, Chicago...) et ce que j'aimerais revoir (Mamma Mia!, Wicked, Lion King...), mais il en est une dont on me parle souvent et dont je ne savais rien - c'est d'ailleurs la première fois que j'allais voir une musicale sans en connaître ni l'intrigue ni les titres principaux. Et pourtant The Phantom Of The Opera est un classique, un culte, je vais même plus loin : c'est la base !

26630a

Et lorsque je m'installe au bord du balcon, en plein coeur du Her Majesty's Theater, j'en ai des frisson : c'est l'un des plus beaux théâtres que j'ai pu voir, avec le New Amsterdam Theater de New York. Et en pensant que la musicale qui va commencer y est jouée sans interruption depuis plus de 25 ans avec toujours autant de succès je me rends compte que je me trouve dans un endroit spécial, un endroit qui a marqué cet art du théâtre musical que j'aime tellement. The Phantom Of The Opera se déroule entièrement dans l'Opéra Garnier de Paris, et est d'ailleurs l'adaptation scénique d'un roman Français : Le Fantôme de l'Opéra. C'est ici que Christine, jeune danseuse et chanteuse, devient à la surprise générale la nouvelle vedette de l'Opéra et favorite du Phantom, une créature, peut être un humain, qui hante le théâtre depuis bien longtemps, que personne n'a jamais vu mais que tout le monde connait. Entre épouvante et fascination, fuite et attachement, la relation entre la jeune vedette et le redouté spectre devient de plus en ambigue jusqu'à une fin dramatique... ou l'est-elle vraiment ?

phantom_20of_20the_20opera_20Wallpaper__yvt2_1_

Ce qui m'a vraiment marqué dans Phantom of the Opera, c'est cette atmosphère gothique, fantastique, presque moyen-ageuse, alors que l'on est bien à l'époque victorienne. Une atmosphère qui vient d'abord de la musique. A l'inverse de beaucoup de musicales, la musique n'est pas présente dès le début. La scène d'ouverture est beaucoup plus théâtrale, prétexte au flashback géant qu'est la pièce. Petit à petit, l'orchestre se fait sa place dans le show, accompagnant l'intrigue qui se met en place, jusqu'à la première chanson où Christine révèle son talent : Think of me. Grandiose, majestueuse et touchante à la fois, une bonne dizaine de minutes après cette ouverture étonnament timide, la magie du théâtre musical est bien là ! De plus Sofia Escobar qui interprète actuellement le rôle à Londres était aussi adorable qu'époustouflante, son sourire timide et son visage de petite fille cachent une voix incroyable et un talent de comédienne indéniable, elle apporte légèreté et pudeur au personnage de Christine. (Pour l'anecdote, elle est aussi la voix Portugaise de Jasmine dans Aladdin et ses suites.) Face à elle, Peter Jöback interprète un Phantom extrêmement respectable. Je n'ose pas imaginer le nombre de casts qui se sont relayés sur cette musicale, à tel point que chaque rôle doit être un sacré défi, mais particulièrement celui-là. Le phantom est le rôle titre, le rôle clé de l'intrigue, celui qui doit être parfait. Peter Jöback cache derrière son masque une voix très particulière, alternant les aigus menaçants et les graves inquiètants (notez qu'il n'est jamais très rassurant.) Il impose ainsi son élégance et effraie un peu, notamment lorsqu'il prend réellement la parole avec sa chanson, la plus intense de la musicale, The Phantom Of The Opera. C'est un peu la signature musicale du show : très gothique, presque religieuse, elle supporte le côté inquiètant du personnage, elle lui confère une dimension impressionnante, ainsi qu'à toute la pièce en général et emporte le spectateur dans cet univers aussi fantaisiste qu'angoissant.

PhantomOfTheOpera_1_

Le deuxième élément de cette immersion, ce sont les décors. Je ne sais pas si tout est d'origine, mais ce que j'ai vu ce soir surpasse la plupart des shows auxquels j'ai assisté, talonné par Mary Poppins et Wicked. Le décor est une vraie merveille... Ou plutôt les décors sont une vraie merveille ! Phantom of the Opera n'a beau se dérouler que dans l'Opéra Garnier de Paris, l'intrigue nous emmène sur scène, dans le public, dans les coulisses, les loges, ou encore, bien sûr, le repère du Phantom... Autant de lieux et autant de décors. Autant de décors et autant de transformations. Par au-dessus, par en-dessous, par les côtés, même par le théâtre, chaque évolution est aussi surprenante qu'inattendue. Autant de transformations et autant d'accessoires, d'éléments de décors. Du fameux chandelier qui se met en place puis s'effondre sur scène aux sculptures de l'Opéra qui descendent pour, métaphoriquement, nous emmener sur le toit, en passant par ces multitudes de chandeliers qui sortent soudainement de la scène pour nous emmener dans les coins obscurs de l'Opéra... Toutes les transitions sont ingénieuses et se font naturellement, comme si l'on tournait les pages d'un livres pour suivre l'aventure que vivent les personnages.

Des personnages dont les costumes mettent la touche finale à cette immersion. C'est sans doute la touche la plus gothique du show : costume queue de pie et haut de forme des plus classiques, mais aussi costumes de scènes délirants et robes extravagantes offrent au spectacle une multitude de costumes avec autant de coupes, de couleurs et de motifs différents qui, à l'image du décor, se succèdent, se ressemblent, mais ne sont jamais identiques. La séquence de la Masquerade, célébrant le nouvel an et ouvrant l'acte 2 - et par ailleurs étant l'un des moments les plus intenses et les plus importants pour l'intrigue - est particulièrement réussie. C'est une merveille absolue de théâtre musical ! Le décor est spectaculaire et forme un immense escalier sur lequel se rassemblent la trentaine de performers du show, tous vêtus de costumes incroyables, colorés, étincelants et extravagants. Ils dansent sur la Masquerade, un des grands thèmes du show, toujours gothique, mais pas angoissant, c'est définitivement plus gai, plus amusant, mais toujours aussi envoûtant.

Features_Masquerade_The_P_1_

Pour moi, Masquerade est le meilleur moment de The Phantom of the Opera, et aussi la scène qui synthétise au mieux ce fabuleux spectacle : c'est extravagant au possible, grandiose, décomplexé, assumé, envoûtant, on a presque envie de souhaiter une bonne année à son voisin tellement l'on s'y croit, tellement l'on se sent proche de ces personnages : Christine, Raoul, et bien sûr le Phantom ! C'est intense, tendu et imposant, car c'est une scène clé dans l'histoire, tout le grandiose s'y retrouve lorsque l'on passe du joyeux et insouciant nouvel an à la soirée cauchemardesque qui annonce des lendemains terribles. Alors certes The Phantom of the Opera ne m'a pas touché comme m'ont touché Little Mermaid et Wicked, il ne m'a pas emballé comme m'ont emballé Mamma Mia! ou Legally Blonde. Je n'ai pas trouvé l'histoire universelle, ou se reposant sur de fortes valeurs, et je ne m'y suis pas non plus personnellement retrouvé. En revanche, à l'image de Lion King et Mary Poppins, The Phantom of the Opera m'a marqué. J'ai été envoûté, emporté par cet univers bien étrange, presque Burtonien, plus généralement gothique, par ces chansons et ces mélodies inoubliables, par ces décors grandioses, par cette mise en scène incroyable. On ne retrouve pas l'essence du Phantom dans toutes les productions de Broadway ou de la West End, mais il n'en est pas une qui ne s'appuie pas sur au moins quelques éléments de ce musical légendaire. The Phantom of the Opera est une pièce monumentale de l'histoire du théâtre musical, un véritable mythe, un incontournable, un classique, un culte... La base.

Posté par FantasMik à 01:58 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
04 mai 2012

All New People : "JD" sur scène

Lors d'un récent long weekend à Londres, première escapade anglophone depuis ma dernière immersion Etatsunienne de 4 mois en 2011, se posait la question habituelle : quel show voir cette fois-ci ? En effet en grand fan des musicales et comédies de Broadway et de la West End, il est impensable de passer, même brièvement, par Londres, sans passer au moins une soirée au théâtre. C'est l'occasion de se laisser emporter dans des shows de qualité, très immersifs, prenants et émouvants, ainsi que de se confronter à un niveau de langue Anglaise généralement assez soutenu, chanté ou parlé, avec différents accents. Le large choix de la West End, le peu de temps et les restrictions budgétaires obligent toujours à faire un choix, rarement évident, chaque show méritant d'être vu au moins une fois. Cette fois-ci il y en aura finalement eu deux.

Peu de temps avant de partir je découvrais que Zach Braff jouait sa propre pièce, All New People, à Londres jusqu'au 28 avril. J'arrivais le 27. Zach Braff c'est un de mes acteurs préférés, une de mes idoles même, tant il donne quelque chose de particulier aux personnages qu'il interprète. On se souvient évidemment tous de l'extraordinaire John Dorian, personnage central de la série Scrubs de ABC/NBC. JD est un personnage qui réunit une naïveté attendrissante, une personnalité très rêveuse et optimiste, et un humour sans limite, mais toujours fin, un peu comme Zach Braff en fait. (j'en parle plus dans mon billet dédié à Scrubs) Il est aussi un talentueux auteur et réalisateur, ayant réalisé quelques épisodes de Scrubs, ainsi que le très apprécié Garden State (que, honte à moi, je n'ai toujours pas eu l'occasion de voir). Par contre Zach Braff sur scène, c'est la première fois. Et pour moi, une pièce non musicale en Anglais, c'est aussi la première fois.

All-New-People-Zach-Braff[1]

All New People, c'est d'abord l'histoire de Charlie, jeune trentenaire, ancien aiguilleur du ciel, déprimé et suicidaire. Le rideau s'ouvre d'ailleurs sur le personnages de Zach Braff debout sur une chaise, le noeud autour de la gorge, ça refroidit un peu les cris hystériques qui saluent l'arrivée de la star sur la scène Londonienne. Arrive alors Emma (Eve Myles, actrice Galloise connue pour son rôle de Gwen Cooper dans Doctor Who et le spinoff Torchwood) qui a loué cette maison en bord de mer pour le weekend, puis son ami Myron (Paul Hilton, acteur Britannique) qui vont sauver Charlie et l'exaspérer par leur présence, la maison lui ayant été prêtée par un ami qui l'a également louée à Emma. L'ami en question envoie Kim (Susannah Fielding, autre actrice Britannique célèbre à la télévision), une escort-girl de luxe supposée réconforter Charlie en une nuit. Quatre personnages aux personnalités radicalement opposées, qui vont tenter de se supporter l'un l'autre tout en réconfortant Charlie. Pendant qu'ils passent une bien drôle de soirée, le public passe une excellente soirée, puisque cette situation un peu glauque ouvre la porte à nombre de répliques cyniques et piquantes, de situations bien gênantes, et de quiproquos.

 All_new_people_eve_myles_braff_1_

Pour une première, je n'ai pas été déçu ! Je suis sorti avec un mal de ventre à force de rire, tellement la pièce est drôle, fraîche et assumée. Assumée car l'humour est bien souvent extrêmement noir, parfois lourd de significations et occasionnellement politiquement incorrect, tout ce que j'aime ! Une pièce totalement décomplexée et interprétée par trois acteurs égalements drôles et talentueux, avec peut être tout de même un léger avantage à Susannah Fielding, dont le personnage complètement déconnecté de la réalité, et un peu niais, permet une légèreté et une incohérence plus propices aux éclats de rire. Quant à Zach Braff, il fait oublier JD en quelques minutes à peine, tant le ton, la personnalité, la philosophie et le comportement de Charlie s'éloignent du sympathique personnage de la série TV. Zach Braff interprète une pièce qu'il a lui même écrite et ça se sent : il met une énergie incroyable au service de son personnage, donnant un côté grave et parfois intimidant à la pièce, tout en restant extrêmement drôle par ses cynismes et exaspérations.

MV5BNDM5ODYzNjUwOV5BMl5BanBnXkFtZTcwNDE3NTg2Nw__

Quant à l'écriture, difficile également de faire sans la comparaison à Scrubs, pertinente en quelques points seulement. La plupart des épisodes de Scrubs jouent sur des situations légères, naturellement drôles, qui dérivent souvent sur une problématique plus sérieuse, pour se dénouer par une belle conclusion. All New People commence par une situation dramatique, lourde et noire, qui ne fait pas franchement rire. Mais tour à tour, alors que les "invités surprises" tentent de comprendre et aider Charlie, la tension baisse à grand renfort de comique de situation et remarques piquantes bien placées. C'est aussi le ton général de la pièce qui la rend globalement délicieuse : toujours très noire et pleine de sous-entendus un peu provocants, elle est toujours décomplexée : la vie, la mort, les erreurs, le sexe, tout est abordé librement et avec sarcasmes. Jusqu'à ce que les blagues deviennent plus légères, notamment grâce au personnages de Kim qui a des préoccupations tellements futiles face à la situation initiale qu'elle semble absorber un peu de cette tension. Enfin la pièce se termine par une belle conclusion à la Scrubs : finalement ce qui est fait est fait, et autant aller de l'avant, de toutes façons dans 100 ans, il n'y aura que des "All New People" !

London2012_118

J'ai donc passé une excellente soirée devant une excellente pièce. Quelque chose de noir, cynique, mais assumé et qui reste drôle pour peu que l'on soit un minimum ouvert d'esprit, voire hilarante si l'on est ouvert à tout. Parallèlement voir Zach Braff sur scène reste un moment inoubliable. L'acteur qui m'a tant fait rire, à tel point que depuis près de deux ans je n'arrive pas à décrocher de Scrubs, se rélève être aussi captivant et, finalement, attendrissant, sur scène qu'à la télévision. Aussi bon en jeu qu'en écriture, Zach Braff interprète sa propre pièce, audacieuse, voire même osée, avec conviction et énergie. Enfin la star joue le jeu de la stage door en se montrant disponible à l'issue du spectacle pour les très nombreux fans venus le voir, jouant le jeu des autographes et photos. Une tradition de Broadway et de la West End, mais rares, très rares, sont les têtes d'affiches qui jouent le jeu, surtout celles issues de la télévision et du cinéma, et pendant aussi longtemps, un grand merci à lui pour cette reconnaissance !

Posté par FantasMik à 16:51 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
25 avril 2012

Coup de coeur ciné : Nouveau Départ

Samedi après-midi, après une semaine bien remplie, dilemme sur la borne UGC : Nouveau Départ ou Battleship ? Le deuxième est sans doute un blockbuster banal que j'oublierai aussi vite que je le verrai, mais je n'arrive pas à m'emballer pour le premier qui m'a l'air bien plat. 30 secondes d'hésitation et je décide que Matt Damon, Scarlett Johansson et Elle Fanning réunis dans le même film, ça vaut tous les Battleships du Monde, ou au moins du cinéma.

20036568

Derrière son titre un peu banal (le titre VO We Bought A Zoo était bien plus intriguant et pertinent), Nouveau Départ raconte l'histoire vraie de Benjamin Mee. Père désemparé au lendemain du décès de sa femme, il peine à s'occuper convenablement de ses deux enfants : une petite fille qui devient timide et un pré-ado qui se renferme et multiplie les erreurs de jeunesse... Tout y est pour le parfait mélodrame familial vu et revu. Jusqu'à ce que Benjamin Mee décide de quitter son poste de journaliste reporter et de partir à la recherche d'une nouvelle maison et d'un nouvel environnement pour rendre à ses enfants leur jeunesse. Lorsqu'il finit par trouver la propriété parfaite, surprise : elle est livrée avec un zoo tout équipé : animaux, employés et obligation de l'exploiter. Commence alors, entre les douleurs du passé et les espoirs du futur, une aventure familiale, humaine et personnelle.

19805146

Nouveau départ est avant tout un mélange d'histoires. C'est d'abord l'histoire de Benjamin Mee qui cherche à donner un sens à sa vie et à faire sourire ses enfants. C'est l'histoire de Dylan et Rosie qui ont perdu leur maman trop tôt et qui se renferment sur eux-même. C'est l'histoire de Kelly, Lily et les employés du zoo qui attendent depuis des années l'arrivée d'un nouveau propriétaire pour reprendre une activité normale. Tous ces gens se rencontrent, se détestent, s'aiment, apprennent à vivre ensemble et se redonnent l'un à l'autre l'espoir d'un lendemain meilleur. Leur chemin est semé d'embuches et leur courage mis à l'épreuve, mais en travaillant ensemble - professionnellement comme émotionnellement - ils vont construire une nouvelle vie, pleine de joies, de sourires et de surprises, en atteignant ensemble les objectifs de chacun. Plus qu'une belle histoire ou qu'un mélodrame, Nouveau Départ est un hymne à la vie, voire même l'illustration d'une philosophie de vie : celle de ceux qui prennent leur vie en main et font mentir le destin.

20069428

Matt Damon, qui n'a plus rien à prouver depuis son excellente prestation dans le non moins excellent L'Agence (George Nolfi), démontre encore une fois qu'il sait donner à ses personnages les émotions justes, jamais dans la surenchère et toujours convaincant. Il interprète un Benjamin Mee qui inspire respect et courage. Scarlett Jonhansson, en revanche, je ne l'avais jamais vue comme ça ! Elle tient le rôle féminin principal, plus qu'une "princesse", elle est la travailleuse déterminée, dure et intransigeante mais juste, celle qui motive et qui encourage, tout en restant des plus charmantes. Enfin Elle Fanning, la révélation de Somewhere (Sofia Coppola) et Super 8 (JJ Abrams) s'impose comme l'une des actrices incontournables de ces prochaines années. Toujours aussi adorable, elle apporte, à travers le personnage de Lily une douceur et une légéreté bienvenues dans l'histoire.

elle_fanning_as_lily_miska_in_we_bought_a_1_

Plus touchant qu'émouvant, Nouveau Départ est la preuve que le drame peut être un genre plein d'espoir et de bonheur également, mais surtout il vous laissera partir avec un grand sourire et des étoiles dans les yeux. L'un des meilleurs films de l'année, et un film qui m'a touché comme rarement. Immanquable.

Posté par FantasMik à 20:08 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]